L’ouragan du 28 mars 1836 à Damas-devant-Dompaire (88)

Incendie

 

Damas-devant-Dompaire fait partie de nos jours de la commune de Damas-et-Bettegney.

D’après les « Connaissance usuelles recueillies par la société d’émulation des Vosges » – 1837 

L’ouragan du 28 mars 1836 laissera des traces profondes, si non dans les édifices, du moins dans les souvenirs des habitans de Damas-devant-Dompaire.

A 9 heures du matin, lorsque le vent était dans sa plus grande furie, un incendie éclata malheureusement au centre de cette belle commune, et consuma, dans l’espace de quelques heures, l’église, le presbytère et dix grosses maisons de cultivateurs, encore remplies de grains et de fourrages pour la plupart.

On se fera une idée de la violence de ce vaste embrasement d’après ce fait que, sur la route d’Epinal, distante d’un quart de lieue, les chevaux de la diligence, parvenus vis-à-vis Damas, refusaient de marcher, suffoqués qu’ils étaient par la puanteur et par la fumée.

Excité par la tempête, le feu était si actif que, de tous les édifices incendiés, il ne resta pas un seul morceau de bois en état de service. Les meubles, en petit nombre, que les habitans avaient jetés dans la rue, s’y allumèrent par l’excès de la chaleur, et ils eurent la douleur de voir brûler ce qu’ils croyaient sauvé. La cloche incandescente cessa bientôt de donner l’alarme et tomba sans se casser. Maîtriser cet immense foyer était bien impossible, tout ce qui se trouvait sous la direction du vent prit feu dans un instant et fut dévoré.

Les efforts se bornèrent donc à préserver les maisons voisines, situées hors de cette direction, et dont plusieurs, même des plus belles, couraient un danger imminent. On y réussit à force de monde accouru des communes environnantes avec le zèle le plus louable. La pompe de Damas, alimentée, dit-on, avec de l’eau boueuse, fut bientôt hors de service ; les autres ont été d’un grand secours, surtout celle de Gorhey.

L’église et la plupart des maisons incendiées étaient couvertes en tuiles, mais le feu se glissait sous ces tuiles, le long des pignons ou par les avant-toits. Une corniche en pierre de taille remplaçait les avant-toits dans la maison d’école que l’on venait de bâtir, et c’est à cette circonstance surtout que l’on attribue sa conservation.

Les habitants épargnés par le fléau, se sont empressés de recueillir chez eux ceux qui en étaient victimes, et de leur fournir les objets de première nécessité, tant pour eux que pour leurs bestiaux. Des voitures de grains, de foin et de paille sont arrivées dès le lendemain des communes voisines.

Ces dons bien généreux et les quêtes autorisées dans le canton, ont produit une valeur de près de 3000 francs, le gouvernement en a donné 5000.

Les édifices incendiés étaient assurés, excepté l’église et une maison particulière occupée par deux ménages, mais les meubles, les grains et les fourrages ne l’étaient pas.


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Décembre 1833 dans les Vosges

rivirère en crue

 

D’après les « Connaissance usuelles recueillies par la société d’émulation des Vosges » – 1833

Les appellations d’époque ont été respectées.

La température de ce mois a été non seulement très désagréable, mais malsaine et désastreuse. Les vents du sud-ouest ont soufflé en foudre le 7, le 17, le 23 et le 31. Ils ont renversé une maison à Hadol le 7, une toiture le 11 à Saint-Maurice et en beaucoup d’autres lieux.

Depuis le 2 jusqu’au 13, depuis le 16 jusqu’au 26 et depuis le 27 jusqu’à la fin du mois, la pluie est tombée chaque jour, plus ou moins forte, plus ou moins continue. Elle tombait au bruit du tonnerre le 7, le 17, le 23 et le 24. Elle était mêlée de grêle le 7, le 8, le 17, le 20 et le 25, à la sortie de la messe de minuit.

A ces vingt-six jours de pluie, d’ouragans et de tempêtes, ajoutez deux jours de neige, savoir : le 13 et le 14. Voilà le mois de décembre 1833.

Des inondations multipliées ont été la suite funeste et inévitable de cette lutte prolongée des éléments. La Moselle a débordé quatre fois dans le mois de décembre, savoir : le 11, le 19, le 24 et le 31 au soir. L’inondation du 11 a été la plus forte et la plus nuisible.

Les eaux se sont élevées chez nous à 3m70, au-dessus de leur niveau ordinaire, leur vitesse était de 4 mètres par seconde. Les crues suivantes n’ont guère dépassé 3 mètres. Nous avons des exemples d’inondations plus fortes et plus désastreuses, mais non pas aussi réitérées.

Nous terminerons par l’aperçu des dommages occasionnés par la première crue.

Sinistres occasionnés par les eaux, dans le département des Vosges,
pendant la nuit du 10 au 11 décembre 1833.

Bains : la caserne de la gendarmerie évacuée par les chevaux (quelques heures après, le bâtiment a été la proie des flammes); le pont de la promenade Stanislas enlevé, les usines de M. Falatieu endommagées; les ponts de Trémonzey et de Bertramont détruits par les eaux.

Le Clerjus : les eaux ont pénétré avec tant de violence dans la grange du moulin, qu’elles ont entraîné une voiture qui s’y trouvait ; laquelle, après avoir brisé la porte opposée, a disparu dans les flots.

Entre La Chapelle et Xertigny, un jeune enfant ne pouvant plus lutter contre la violence des vents et de la pluie, resta au milieu des champs et le lendemain, on le trouva mort !

Fontenoy-le-Château : le Coney s’y est élevé à 12 pieds au-dessus de son niveau ordinaire et a inondé tout le bourg. L’un de ses ponts entièrement disparu, l’autre gravement endommagé.

Les forges d’Uzemain, d’Hennezel, de Claudon, du Blanc-Murger, de Saint-Mouze, de la Chaude-Eau, etc, ont éprouvé des dommages plus ou moins graves.

Saint-Maurice : une vanne rompue sur la Moselle, les prairies couvertes de graviers et de cailloux.

Le hameau de Pont inondé, les pommes de terre avariées. 

Saint-Amé : la halle au charbon de la forge de M. Sauret renversée par les vents, une partie de ce combustible entraîné par les eaux. On en a vu passer jusqu’à Epinal.

Le Syndicat : le pont de bois sur la Moselotte, vis-à-vis le Syndicat de Saint-Amé, a disparu.

La Forge : le pont du ruisseau du Tholy a été emporté. La communication par voiture, entre le Tholy et Saint-Amé, a été interrompue.

Eloyes : deux arches du pont sur la Moselle entraînées. Les communications avec Remiremont momentanément interrompues.

Gérardmer : barrage enlevé sur le ruisseau de Forgoutte ; les abords du nouveau pont ébranlés ; une voûte écroulée près du moulin ; un pont à deux arches, construit l’an dernier sur la Jamagne, détruit entièrement ; les prés couverts d’énormes blocs de granit ; le lit des ruisseaux comblé çà et là, etc.

Granges : les eaux se sont élevées à une hauteur extraordinaire ; elles sont entrées dans beaucoup de maisons ; elles ont emporté une partie du pont en bois construit sur la Vologne et détruit entièrement la barange de Frambéménil, qui servait de communication entre plusieurs communes.

Chenimenil : le pont de pierre construit sur la Vologne, et composé de huit arches, a souffert de fortes dégradations.

Epinal : la promenade du Cours à moitié envahie par les eaux, et le Champ-de-Mars entièrement. Elles atteignaient le sommet du mur de clôture de ce dernier et retombaient dans l’intérieur en nappes et en cascades. Elles touchaient presque le sommet des deux arches extrêmes du pont suspendu, et y excitaient un remou terrible.

Cette construction hardie, livrée au public le 1er novembre précédent, après une épreuve des plus fortes, en a subi, dans cette circonstance, une seconde non moins rude, sans éprouver le moindre dommage.

Les parties basses de la petite ville et du faubourg de l’Hospice inondées ; un des murs de soutènement de cet hospice renversé sur la vieille route de Bains, par l’effort des terres qui, meubles et saturées de pluie, exerçaient une pression latérale analogue à celle des liquides.

La route de Remiremont couverte d’eau, près du moulin de Baillant. Le ruisseau d’Ambrail, obstrué çà et là par l’éboulement de ses bords, a encombré nombre de maisons de ce faubourg par ses eaux rouges et bourbeuses ; le faubourg Saint-Michel a aussi souffert. On a à regretter de nombreuses avaries dans les caves, surtout à la petite ville.

Charmes : la partie dite le Pâtis a été couverte d’eau et ses habitants obligés de déloger. La circulation a été momentanément interrompue sur la route de Nancy, d’abord vers la limite du département des Vosges, ensuite de Charmes à Nomexy.

Plainfaing : il s’est fait une brèche dans le mur en retour de la culée gauche, en amont du pont de Plainfaing, sur la route départementale n° 4.

Fraize : un petit pont de pierre enlevé.

Anould : le pont de pierre construit aux Souches, section d’Anould, par M. le comte de Ligniville, a été entraîné par les eaux.

Saint-Dié : les eaux se sont répandues en divers quartiers de la ville ; elles n’y ont occasionné d’autres dégâts que dans les caves.

Lubine : un pont de bois, déjà endommagé et situé au milieu du village, a entièrement disparu.

Schirmeck : le pont construit récemment sur la Bruche, entre La Broque et Schirmeck, a été profondément affouillé. 

Routes. 

Outre celles mentionnées ci-dessus, on cite les suivantes comme ayant éprouvé des dégradations plus ou moins graves.

La route royale n° 66 (de Bar-le-Duc à Basle, par Neufchâteau, Mirecourt, Epinal, Remiremont, etc.), a été inondée sur plusieurs points, mais sans danger pour la circulation.

La route départementale n° 19 (d’Epinal à Langres, par Damas, Darney, etc.) : quelques éboulements de talus près le pont Bigarré.

La route départementale n° 10 : les abords du pont reconstruit sur le Coné, en aval de la manufacture de Bains, ont été emportés, mais le pont lui-même n’a pas souffert.

La route royale n° 59 (de Nancy à Schélestadt, par Saint-Dié), a été couverte d’eau et ravinée en différens points.

La route départementale n° 20 (de Remiremont à Saint-Dié, par Gerardmer), a éprouvé quelques dommages au-dessus de la limite des territoires de Rochesson et de Gerardmer.

Enfin, quelques-unes des routes départementales des cantons de Saales, de Senones et de Schirmeck ont été momentanément interceptées. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que beaucoup de chemins cantonnaux et communaux ont été dégradés ; des champs ravinés ; des prés ensevelis sous la grève et les cailloux, etc.Tel est le triste cortège de toutes les inondations.

Les grands orages et les grandes tempêtes en France (3)

 

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grands orages et grandes tempêtes dans les contrées du midi

Ier siècle

- En 43, une tempête violente manqua de faire périr l’empereur Claude en vue des îles d’Hyères.

IXe siècle

- Les annales de 841parlent d’un orage terrible accompagné d’éclairs, de tonnerres et de grandes pluies sur le territoire de Glandfeuil.

XVIe siècle

- L’année 1536 fut féconde en orages et en tempêtes. Vingt-quatre navires périrent par un de ces ouragans sur les côtes de la Provence.
- Des orages ou des tempêtes désolèrent encore la Provence en 1580 et 1581.

XVIIe siècle

- Grands orages et tempêtes en 1614, 1651 et 1674.

XVIIIe siècle

- Un tremblement de terre se joignit aux tempêtes et aux orages de cette région en 1708 et en 1755.
- L’ouragan du 8 avril 1761 y fut si fatal, qu’il renversa en une heure, six mille oliviers et dix-huit cents pieds d’arbres fruitiers.
Énormes tempêtes et orages en 1766.
- Le 25 août 1775, à huit heures du soir, un ouragan de l’ouest, observé à Montpellier, renversa des murs et déracina des arbres. Les coups de vent se succédèrent pendant une heure avec une effrayante rapidité. Il ne tomba dans cet intervalle que 3 millimètres de pluie, mais le baromètre descendit à 736 millimètres.
-
Le coup de vent du nord-ouest (mistral) qui éclata dans la Provence le 30 octobre 1782 soulevait, en agissant sur une surface de 33 centimètres carrés, un poids de près de sept kilogrammes. Rien n’aurait pu résister à cette violence extraordinaire, si elle se fût soutenue seulement quelques minutes. Pendant cet ouragan, le baromètre s’abaissa de 8 millimètres au-dessous de sa hauteur moyenne. C’était alors et c’est encore à présent le plus fort coup de mistral connu.
- Le 3 janvier 1786, il y eut en Provence un si furieux coup de mistral mêlé de neige, que les troupeaux, furent chassés à quatre ou cinq lieues de leurs pâturages, beaucoup de voyageurs et d’animaux périrent dans la plaine de la Crau. De cinq bergers qui conduisaient huit cent moutons, trois périrent avec presque tout le troupeau.

XIXe siècle

- Nous connaissons déjà la perturbation atmosphérique de la nuit du 21 décembre 1821. A Toulouse, le baromètre tomba à 719 millimètres et à Montpellier à 721 millimètres.
- En 1828, les orages et les tempêtes remplirent aussi le Midi. Il y en eut au printemps, en été et en automne. La plupart furent accompagnés de grêle. L’année 1835 en offrit davantage. Un ouragan violent éclata d’abord le 6 février à Toulon. Les orages et les tempêtes se généralisèrent ensuite dans la région méridionale. Ils gagnèrent même les climats du centre. Les pluies versées sous leur influence firent déborder à la fin du printemps les rivières des deux régions. 

Les grands orages et les grandes tempêtes en France (2)

 

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grands orages et tempêtes dans les contrées du Nord

IXe siècle

- Au siège d’Haslou sur la Meuse, en juillet 862, à la suite de chaleurs excessives, le ciel devint si noir un peu après midi, qu’on n’y voyait guère plus que s’il avait été nuit close. Des éclairs incessants perçaient les ténèbres et faisaient voir tout le ciel en feu. Bientôt éclatèrent des tonnerres épouvantables au milieu de torrents d’une grêle affreuse qui avait quelquefois un pouce et demi de tour. Des tourbillons furieux redoublaient les fracas de cet orage.

Xe siècle

- L’été de 987 eut des orages effrayants avec des éclairs et des tonnerres extraordinaires.

XIe siècle

- Le Gallia christianaa conservé le souvenir d’un orage violent, accompagné d’éclairs, de tonnerres et de tremblement de terre observé à Coutances, vers le 5 novembre 1091.

XIIe siècle

- En 1135, une irruption de l’Océan submergea une grande partie de la Flandre, de la Hollande et de la Frise.
- Mortain fut assailli en juillet 1155 par des tonnerres et des tempêtes, avec de grandes pluies.

XIIIe siècle

- Des vents impétueux arrachent les noyers et abattent les clochers le 24 novembre 1284.

XIVe siècle

- Le 4 août 1336, une tempête terrible éclata à Paris et dans les environs. Cette tempête renversa les tentes dressées à Vincennes et déracina beaucoup d’arbres de ce bois.
- En 1360, à la fin d’avril, pendant que le roi Edouard d’Angleterre campait aux environs de Rueil, il y eut un orage si terrible, que les tentes furent arrachées et les hommes et les chevaux entraînés par les eaux. Il périt plus de mille archers, avec six mille coursiers.
- Au mois d’octobre 1374, une inondation de la mer au milieu de tempêtes submergea plusieurs villes de la Hollande.
- Des tempêtes violentes régnèrent sur la Manche en 1383.
- En 1392, lors du mariage d’Isabeau, fille de Charles VI, avec Richard II d’Angleterre, furent, suivant Juvénal des Ursins, merveilleux vents par l’espace de trois mois.
- Il y eut à Paris à la fin d’octobre 1396, d’après le même historien, une horrible tempête de vent, de pluie et de tonnerre, qui se fit sentir dans tout le nord, avec tant de violence, qu’elle renversa les tentes du camp royal. 

XVe siècle

- Au mois de mai 1401, un orage terrible fondit sur le Beauvoisis. Des grêlons, poussés par un vent impétueux, avaient la grosseur d’un œuf d’oie. La seconde semaine du mois de juin suivant, Paris eut des tonnerres effroyables, un ouragan terrible y éclata encore le dernier jour de ce mois. La violence du vent déracina et dispersa plus de mille arbres fruitiers à Mesnil-Aubry près Paris.
- Une grêle épouvantable tomba en Vexin le 5 septembre 1408. Les grêlons, poussés par un vent furieux, étaient gros comme un œuf d’autruche.
- Un orage affreux eut lieu autour de Paris en 1411 le jour de la Conversion de Saint Paul.
- Le 7 octobre 1434, un vent terrible souffla pendant près de neuf heures à Paris et à la campagne. Un grand nombre de maisons furent renversées et une infinité d’arbres déracinés. Le seul bois de Vincennes en perdit plus de trois cents.
- Au mois de mars 1469, il y eut des tonnerres et des pluies violentes.
- Le 7 juin 1483, un grand orage éclata à Paris.

XVIe siècle

- Au mois de novembre 1530, une inondation de la mer ravage Calais, Anvers, Cluse, Gravelines, Mardyck, Dunkerque, Neuport et presque toute la Zélande.
- Une tempête terrible éclata à Anvers en 1570. Dans le village de Saint-Marceau, on entendit, selon les expressions des chroniques, les vents les plus impétueux, effroyables et horribles qu’il serait possible d’entendre.

XVIIe siècle

- Le 25 juin 1613, un ouragan terrible avec tonnerre, pluie, grêle, régna à Rouen et se fit sentir dans l’espace de cinq lieues, de la Bouille à Darnetal. La grêle avait la grosseur d’une noix et d’un œuf ; quelques grêlons pesaient, une demi-livre et d’autres, trois quarterons.

XVIIIe siècle

- Au mois de décembre 1705, des vents furieux du sud et du sud-ouest soufflèrent à deux ou trois reprises. Dans la soirée du 3, le bruit du tonnerre se joignit à l’ouragan.
- Un vent très violent du sud-ouest régna à Paris à la fin de décembre 1734, et un grand orage, accompagné d’éclairs et de tonnerres, s’y mêla le 25.
- Au mois de décembre 1747, le baromètre descendit à Pluviers de 36 millimètres dans moins de deux jours. Des vents impétueux du sud et du sud-ouest dominèrent, à Paris vers le même mois.

XIXe siècle

- En 1811, 94 communes furent ravagées par les orages dans les mois d’avril mai et juin.
- En 1817, à l’équinoxe du printemps, un ouragan désastreux mêlé de tonnerres, d’averses et de grêles, assaillit Paris pendant près de vingt-quatre heures.
- L’été de 1824 se fit remarquer par de nombreux orages. Le mois de septembre amena bientôt après des tempêtes, de grands coups de vent et des averses diluviales.
- Des orages multiples, entremêlés de tempêtes et de torrents de pluie, bouleversèrent à Paris le printemps, l’été et l’automne de 1830. Les premiers orages éclatèrent prématurément dans le mois d’avril. Des rafales et des averses leur succédèrent dans les mois de mai et de juin. Les mois de juillet et d’août eurent encore des orages suivis d’averses. Nous citerons celui de la nuit du 4 août. Rien ne manquait à l’attachant spectacle de ces crises. Il rivalisa par sa grandeur avec la majesté des plus terribles. Les tempêtes et les averses revinrent à leur tour, laissant à peine dans leurs intervalles quelques jours de calme.

Les grands orages et les grandes tempêtes en France (1)

 

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grands orages et grandes tempêtes générales.

VIe siècle

- Les mois de juillet et d’août 559 furent horriblement agités de l’orient à l’occident par des débordements de la mer, des tempêtes et des tremblements de terre.
- Nous avons déjà signalé le tremblement de terre, les grosses grêles, les furieuses tempêtes et les pluies de l’année 580.

VIIIe siècle

- Vers 753, à l’époque de la prise de Clermont en Auvergne par Pépin le Bref, il y eut dans toute la France une si horrible tempête que le tonnerre dura 22 heures : elle gâta tous les vins des caves, et fit mourir de frayeur trois mille personnes et plus de vingt-quatre mille bêtes.

IXe siècle

- En 823 ou 824, suivant la diversité du point du départ des supputations chronologiques, la foudre incendia une multitude d’édifices et tua beaucoup de monde. Des grêles énormes ravagèrent les campagnes. En outre, tous les historiens assurent, ce que nous n’oserions pas croire sans l’unanimité de leurs témoignages, que vers le solstice d’été, dans le pays d’Autun en Bourgogne, on vit tomber du ciel, à la suite d’un orage subit et au milieu d’une grêle terrible, de véritables blocs de glace (nous sommes bien sûrs de ces mesures) de 4,873 mètres (15 pieds) de long sur 1,949 mètre (6 pieds) de large, et 0,650 mètre (2 pieds) d’épaisseur. Ces faits ont pour garants les Annales d’Eginhard, la chronique d’Adhémar, la courte Chronique de Reims, les Annales de Fulde, la Chronique d’Hermann, toutes sources contemporaines. Paradin, dans les Annales de Bourgogne, parle aussi d’une pierre de glace d’une grandeur miraculeuse tombée en 956 en Allemagne, et d’une autre tombée au mois d’avril 1562 en Beaujolais.

Xe siècle

- Des orages épouvantables remplirent l’été de 921.

XIIe siècle

- Le 27 octobre 1136, il régna un vent si violent qu’il renversa beaucoup d’édifices. Les eaux de la Manche débordèrent et engloutirent une partie de la Flandre avec ses habitants.
- Un vent impétueux en janvier 1143 renversa aussi beaucoup d’édifices et arracha des arbres séculaires.
- Les mois de janvier et de février 1170 eurent des éclairs et de violents tonnerres.

XIIIe siècle

- Tout l’été 1202 fut troublé par des tempêtes qui retardèrent beaucoup la flotte flamande, sortie des ports des Pays-Bas, pour la troisième croisade.
- En 1206, des éclairs et des tonnerres violents éclatèrent au mois de décembre la veille de la Saint-Nicolas.
- Des vents et une tempête furieuse accompagnèrent les pluies du printemps et de l’été ainsi que le rigoureux hiver 1224.

XIVe siècle

- En 1308, quelques jours après l’Ascension, il y eut une tempête si violente avec un froid intense, une grande quantité de neiges, des masses de grêles et des vents terribles, qu’elle détruisit les moissons et les vignes, renversa beaucoup d’édifices et déracina plusieurs arbres.
- En 1309, des vents non moins terribles renversèrent aussi beaucoup d’arbres et d’édifices.
- Au commencement d’octobre 1328, la veille de Saint-Denis et pendant l’octave de cette fête, des vents semblables renversèrent les édifices.
-
Au mois de juin 1365, il y eut de grands tonnerres avec des éclairs et des tempêtes nuit et jour pendant plusieurs jours de suite en France et en Bourgogne. Les torrents de pluie qui tombèrent durant ces orages abattirent les remparts nouvellement réparés de Dijon, et submergèrent un village du voisinage avec ses habitants.
- Il régna des vents si violents au mois de décembre 1367, la nuit de Sainte-Lucie, en Flandre, en Picardie et en Brabant, qu’on n’en avait jamais vu de pareils. Ils venaient du nord-ouest. L’Océan déborda pendant cette tempête et engloutit plusieurs maisons et villages des bords de la mer.
- En septembre 1386, un vent terrible avec des éclairs et des tonnerres régna dans tout le royaume.
- Un vent semblable souffla dans tout l’univers la nuit de Noël 1390. La mer inonda les plages.
- Après la conférence d’Ardres, à la fin d’octobre 1396, il survint un ouragan affreux, mêlé de torrents de pluie. Ensuite un vent du nord continuel souffla partout avec fureur pendant trois mois. On appela cette année l’année des grands vents. Ce vent redoubla la nuit du 17 novembre durant trois heures. La mer déborda cette année.

XVIIe siècle

- La veille et le jour de Pâques 1606, un vent terrible bouleversa la France et l’Europe. 

XVIIIe siècle

- On lit dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, que le jour de la Chandeleur 1701, il s’éleva à Paris un si furieux ouragan que personne ne se souvenait d’avoir vu rien de pareil. Le haut de l’église Saint-Louis s’abima su les assistants. Ce météore ravagea tout le royaume.
- Les tempêtes et les orages de 1766 semèrent au loin le deuil et l’épouvante. Ils commencèrent au mois d’octobre et se répétèrent en redoublant de violence dans le mois de novembre.
Celui du 14 surpassa tous les autres. Aucun trait ne manquait à cette terrible scène. C’étaient à la fois des vents impétueux, de grands coups de tonnerre, une grêle serrée et des torrents de pluie. Ces orages maltraitèrent principalement les provinces méridionales.
-
Les orages, les ouragans, les tremblements de terre, la grêle, la pluie et les inondations se disputèrent en quelque sorte l’année 1778. Le 21 janvier, près de Pontorson en Normandie, la foudre coupa et renversa d’un seul coup 99 pommiers, chênes ou ormes. Le 21 et le 22, Paris essuya un vent violent, avec des flots de pluie. Des éclairs et des tonnerres s’ajoutèrent à cette tempête le 22 au soir. Le 24 juin, un orage suivi de grêle ravagea Toulouse, Biollet près de Moulins, Condé-sur-Noireau. Le même jour, à Saint-Pierre-du-Regard, dans la basse Normandie, un ouragan terrible vomissait à la fois, la foudre, la grêle et la pluie. Le tonnerre y tomba en six endroits, et la grêle avec fureur pendant trois quarts d’heure. Il y en avait sur quelques points jusqu’à la hauteur de 650 millimètres (deux pieds). Les grêlons, de formes diverses, égalèrent la grosseur d’un oeuf. Cette grêle forma une masse de glace qui se conserva durant six jours, malgré la chaleur. Le lendemain, à Gland, aux environs de
Tonnerre, un semblable ouragan détruisit toutes les récoltes. Le 20 juillet, des vents furieux du sud-ouest bouleversèrent Etampes et l’inondèrent de pluie. Le 31, un ouragan subit dévasta Saint-Marcellin, sur les bords de l’Isère, Chatte, Saint-Vincent et Vinoy. Des inondations et des tremblements de terre désolèrent l’Alsace, la Franche-Comté, la Champagne et le Béarn.
- En 1783, des tremblements de terre, des ouragans et des orages réitérés succédèrent de tous côtés à l’affreux tremblement de terre de la Calabre et de la Sicile, arrivé le 5 février.
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Un orage terrible, accompagné de vent, de pluie et de grêle, fondit sur Paris le 13 juillet 1788. Il avait déjà ruiné le Poitou, la Touraine, la Beauce et le pays chartrain. Il répandit une désolation d’un bout à l’autre du royaume. A Paris, cet orage fut précédé d’une chaleur étouffante, qui saisissait surtout dans les rues, où elle semblait sortir d’un brasier. Il s’annonça, vers huit heures du matin, par un vent violent, l’accumulation des nuages et une grande obscurité. Une heure après, le vent soufflant du sud-ouest, un fort tonnerre roulant gronda deux heures environ presque sans interruption. C’est alors que la nue creva et qu’en jaillit des flots de pluie et de grêle. Au centre et au midi de Paris, la grêle, très ordinaire, était noyée dans la pluie. Mais, sur le faubourg Saint-Antoine, elle détruisit les jardins et les potagers.
Ce violent orage poussa ensuite ses ravages à travers l’île-de-France, la Picardie et la Flandre. Plusieurs provinces en souffrirent cruellement. En moins d’un quart d’heure, tout y fut perdu. Il hacha les moissons, bouleversa les champs, abattit ou déracina les arbres, enleva les toitures, écrasa le gibier et la volaille, tua ou meurtrit les bestiaux, blessa même grièvement des hommes et des femmes. La grêle y offrit une grosseur énorme : on trouva des grêlons du poids de plus de 750 grammes (prés d’une livre et un quart).
M. Georges Duvat, qui a signalé cet orage, comme témoin oculaire, dans ses Souvenirs de la Terreur, assure qu’il traversa Paris et le nord de la France dans une étendue de cent lieues sur une largeur de vingt. Le 17 juillet suivant, deux nuages monstrueux, marchant parallèlement du sud-ouest au nord-est, sur une longueur de deux cents lieues, traversèrent la France en huit heures. Ces nuages chargés de grêle ravagèrent chacun, chemin faisant, une zone de deux à quatre lieues de large, sans causer le moindre dommage dans la bande intermédiaire.
- L’été de 1793 a eu, malgré sa sécheresse, cinq ou six orages désastreux. Un orage avec de la grêle parut prématurément du 1er au 2 mai. Les autres, plus tardifs, ne survinrent qu’en juillet. Ces orages se succédèrent à la file le 8, le 9, le 10, le 13 et le 17. Le tonnerre, le vent, la grêle et les inondations ravagèrent les terres, détruisirent les moissons, renversèrent des édifices, entraînèrent les troupeaux.
A Blincourt, près de Senlis, la grêle du 8 était grosse comme un oeuf, le vent abattit plus de 120 maisons, et les torrents emportèrent les bestiaux, les meubles, les femmes et les enfants. A Puisieux, au-dessus de Chambly, la crue subite des eaux au delà de deux mètres obligea les habitants à se réfugier en toute hâte sur les toits de leurs maisons. Les ravages de cet orage désolèrent pareillement, en moins de vingt-cinq minutes, les communes de Maïssel, Bougueval, Ermis, Neuilly-en-Tel, Dieudonné, Foulangue, etc. L’orage du 10 versa la grêle et la pluie du côté d’Ablon et de Corbeil. Celui du 17 se dirigea vers le nord et détruisit les récoltes depuis Saint-Denis jusqu’à Saint-Germain-en-Laye.
-
De grands orages régnèrent encore en 1797.

XIXe siècle

- De grands orages en 1803 et 1813.
- La nuit du 21 décembre 1821 a été marquée des Alpes aux Pyrénées et de la Méditerranée à l’Océan par des orages ou des tempêtes, des torrents de pluie ou de grêle et même par des éclairs et des tonnerres. Tous les instruments météorologiques ont attesté cette perturbation. Le baromètre en particulier s’est abaissé prodigieusement à Paris, à Dieppe, à Toulouse, à Montpellier.
- Grands orages en 1822 et 1829.
- De semblantes tourmentes sévirent en 1836. Les tempêtes agitèrent pendant l’hiver la Méditerranée et la Manche. Le printemps amena, des orages, des grêles et de fortes averses. Les pluies, les orages et les tempêtes redoublèrent à la fin de l’été et dans le cours de l’automne.
Des orages et des tempêtes beaucoup plus graves se succédèrent aussi coup sur coup en 1841. Il y en eut à Paris ou en province le 23 et le 30 avril, les 3, 25, 26, 27, 28 et 30 mai, le 23 juin, le 4 et le 18 juillet, le 8 et le 11 août. Nous ne parlerons que des plus intenses, ceux du 30 mai et du 4 juillet. L’orage du 30 mai a régné spécialement dans le Midi. La ville de Pau, le Languedoc, les départements du Gard et de l’Ardèche en ont éprouvé d’immenses dommages. Une grêle effroyable, dont quelques grêlons avaient deux fois la grosseur d’une noix, y détruisit les vignes et les fourrages. Pendant cet orage, des trombes furieuses ravagèrent les deux bords du Rhône, dans le département de Vaucluse. Elles faisaient entendre un roulement épouvantable, et jetaient, chemin faisant, des flots de grêle grosse comme des pois chiches, et qui atteignit même, dit-on, le volume d’un œuf de poule. La colonne orageuse foula les semis, déracina les arbres, renversa les maisons, enleva de grosses branches en tourbillon, tordit, arracha et transporta à trente pas des arbres d’un mètre de diamètre. Elle enleva, près du Rhône, à 20 mètres de hauteur, un bateau de deux mètres et demi de large et de sept mètres de long, abattit à Orange un pan de rempart d’environ douze mètres de longueur sur huit de hauteur et un d’épaisseur, en rejetant les matériaux de la construction à huit mètres de distance. Elle démolit et dispersa dans tous les sens des bâtisses neuves en pierre de taille, brisa les tuiles des toitures et les entraîna avec tant de violence qu’elle en incrusta les fragments dans un tronc d’arbre, saisit un vieillard, habitant du faubourg, le roula et lui brisa la tête contre le mur.
Une chaleur ardente et d’épaisses vapeurs annoncèrent toute 1a journée le violent orage du 4 juillet. A Paris, il commença à sept heures et demie du soir par un fort coup de vent de sud-ouest, suivi un quart d’heure après d’éclairs éblouissants, de grands coups de tonnerre, de tourbillons de vent, de torrents de pluie et de grêle. Les éclairs, les tonnerres, les vents, la pluie et la grêle se confondirent ainsi durant trois quarts d’heure, nous offrant sous cet horrible tumulte l’image sublime et effrayante d’une sorte de lutte désespérée entre toutes les puissances de la nature. La tourmente s’apaisa un peu à la chute du jour, mais elle se ranima dans le courant de la nuit par un retour des vents furieux, par de vives secousses du sol et par d’énormes averses. Paris n’en souffrit pas seul. La tempête dévasta tous les environs et s’étendit au loin du nord au sud dans les départements de Seine-et-Oise, de Seine-et-marne, du Loiret, de l’Indre, de la Côte-d’Or, d’Indre-et-Loire, de la Nièvre, de l’Allier et du Cher. Le tremblement de terre se fit sentir dans ces provinces après minuit, à la même heure qu’à Paris. Il eut partout plusieurs oscillations en divers sens, tantôt avec un roulement souterrain, tantôt sans aucun bruit.

Les grandes vicissitudes en France (3)

 

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grandes vicissitudes dans les contrées du Midi 

XIe siècle

- Les mois de janvier et de février 1078 eurent des éclairs et des tonnerres. Ils annoncèrent de bonne heure la grande chaleur sèche de cette année.

XIIe siècle

- Des éclairs et des tonnerres horribles éclatèrent le 30 décembre 1170, ils se renouvelèrent le 30 janvier suivant.

XVe siècle

- En 1495, l’orge monta en épis dans le mois de janvier, et l’hiver fut aussi doux que le printemps. Il y eut d’ailleurs, beaucoup d’orages et des pluies abondantes.

XVIe siècle

- L’hiver de 1506 fut si modéré qu’on vit des roses au mois de janvier, ainsi que les autres fleurs du mois de mai. L’orge monta en épis à la même époque et le froment se développa à proportion. Cette année se termina par un froid excessif, avec de grandes masses de neige.

XVIIIe siècle

- L’année 1758 fut humide, froide et variable.
- En 1792, il y eut des pluies excessives, des brouillards fétides, des orages, des gelées précoces ou tardives et une grande agitation de l’atmosphère. 

Les grandes vicissitudes en France (2)

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grandes vicissitudes dans les contrées du Nord

Xe siècle

- La gelée brûla les vignes vers le 1er mai 944. Des pluies lui succédèrent pendant tout l’été.
- Un hiver rigoureux, des pluies copieuses et longues, des chaleurs brusques, soutenues et ardentes, caractérisèrent l’année 988.
- En 989, la grande sécheresse du printemps ne permit pas les premières semences, d’abondantes neiges suivirent immédiatement cette excessive sécheresse. La continuité des pluies empêcha plus tard entièrement les semences d’automne.

XIe siècle

- L’année 1010 essuya alternativement des sécheresses nuisibles et des pluies surabondantes.

XIIe siècle

- Le 7 juin 1184, la gelée brûla les vignes et les moissons.

XIVe siècle

- En décembre 1333 et en janvier 1334, il y eut à Paris et dans les environs de grands tonnerres avec des éclairs mêlés de vents et de grêles, comme si on s’était trouva au mois de juillet.

XVe siècle

- Un printemps pluvieux et un été froid troublèrent si fort les saisons de 1428, qu’à Paris la vigne n’avait pas encore fleuri le 15 juin.

XVIe siècle

- L’hiver de 1529 n’eut aucune gelée et la chaleur du mois de mars égala celle de la fin de juin. Aussi la plupart des seigles avaient déjà des épis, et l’on vendait à Paris des amandes nouvelles avant le mois d’avril. Mais le 4 de ce mois, il survint une gelée si rude, qu’on crut toutes les récoltes perdues. Heureusement, la pluie fit tomber ce froid.
- Baillou a signalé la grande inconstance et l’inégalité de l’air de l’année 1575.
-
L’année 1579 fut si mal réglée, surtout du côté de Paris, que la plupart des grappes de raisins gelèrent par un froid excessif au moment des vendanges.

XVIIIe siècle

- Les variations thermométriques de 1735, notées par Réaumur à Paris, dépassèrent 15° en hiver, 28° au printemps, 22° en été et 16° en automne. L’année fut d’ailleurs sèche et les récoltes tardives.
- Il y eut, en 1779, une chaleur contre nature, un calme insolite de l’air, un excès de sécheresse au commencement et un excès d’humidité à la fin, une grande élévation du baromètre les quatre premiers mois, ainsi qu’au mois d’août, et une grande dépression les deux derniers. Enfin, une extrême persévérance des vents du nord et de l’ouest, et une extrême rareté des vents du sud et de l’est.
-
De grands froids, précédés de deux mois d’une température fort douce, apparurent subitement au milieu du mois de février 1782 après plusieurs jours d’un vent violent et des variations extraordinaire du baromètre. Les mois suivants, surtout les mois de mai et d’août furent encore très froids et très humides. Des chaleurs intenses, mais de courte durée, se firent sentir au mois de juillet. Quant à l’automne, il manqua entièrement. Un froid hivernal en prit brusquement la place dès la moitié d’octobre.

XIXe siècle

- Un froid inusité, des vents impétueux, un ciel nébuleux, des variations barométriques et une excessive humidité, occupèrent sans désemparer, l’année 1816.
- Les vicissitudes atmosphériques, les alternatives de pluie de vents, de chaleur, de froid, d’humidité, de sécheresse, de calme et de bourrasques, de jours sereins et de jours couverts, troublèrent encore l’année 1828, surtout dans les mois de juillet, août et septembre.
-
On se récrie à tort sur la chaleur de 1830. Cette année mémorable fut plutôt extrêmement variable. Le froid si rigoureux de l’hiver cessa presque tout à coup le premier jour du mois de mars. Une chaleur insolite le remplaça pour quelques jours des pluies froides lui succédèrent jusqu’au y avril, après quoi la chaleur et la sérénité reprirent. Bientôt des orages précoces survinrent et entraînèrent à leur suite des alternatives réitérées de chaleurs étouffantes et de froids pénétrants, de tempêtes et de calmes, de pluies et de beau temps. Des pluies froides tinrent lieu des chaleurs ordinaires des mois de mai et de juin. Le 25 juin seulement, une chaleur insupportable les interrompit momentanément, pour laisser de nouveau le champ libre au froid, à la pluie et aux précédentes perturbations. Les vicissitudes ne s’apaisèrent que le 13 juillet. Un orage violent, qui éclata le 11, à huit heures du soir, et les averses consécutives de la nuit en opérèrent la résolution. Des éclaircies menaçantes, avec une chaleur lourde, régnèrent encore tout le lendemain. Il y eut même une averse au milieu du jour. Cependant l’atmosphère s’épura peu à peu, l’air devint sec, et une chaleur franche s’établit. Le soleil de juillet ne commença à briller que le 24. Alors, en effet, le ciel parut beau, l’atmosphère très pure et la chaleur ardente mais ce soleil historique s’éclipsa bientôt. Il s’éteignit le onzième jour, après un effroyable orage, dans la nuit du 4 août. Les perturbations atmosphériques recommencèrent au 5 août. D’autres orages, accompagnés d’averses, s’y mêlèrent le 9 et le 10. Le vent, la pluie, le froid alternèrent ensuite avec quelques courts instants de calme, de sécheresse et de chaleur enfin, l’année se termina par des gelées précoces, une humidité excessive, des brouillards et des neiges. 

Les grandes vicissitudes en France (1)

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grandes vicissitudes générales

Ve siècle

- En 450, il y eut en Gaule des intempéries des saisons extraordinaires.
- L’extrême rigueur de l’année 468 fut due uniquement au renversement absolu des quatre saisons et de leurs produits.

VIe siècle

- En 584, il y eut des roses au mois de janvier. Bientôt des gelées blanches vinrent endommager les vignes, les orages ravagèrent ensuite les moissons et les vignobles. Plus tard, une affreuse sécheresse acheva de détruire ce que la grèle avait laissé sur pied. Cependant les arbres fruitiers, qui avaient porté des fruits au mois de juillet, en portèrent une seconde fois trois mois après, au mois de décembre. La vigne à son tour poussa de nouveaux jets, et l’on y montra même à cette époque des raisins bien formés.
- L’année 591 se partagea pour ainsi dire entre une excessive sécheresse qui ruina toutes les prairies, et une grande masse de pluies suivie d’inondations qui entrainèrent les foins et réduisirent beaucoup les moissons.

IXe siècle

- Il y eut des gelées rigoureuses les 2 et 22 juillet de l’an 800.
- Aux vicissitudes de l’air de 829, se joignirent des pestes, la famine et toute espèce de fléaux.
- Une sécheresse excessive marqua d’abord les mois d’avril et début mai 892, des gelées désastreuses la suivirent de près le 18 mai et le 17 juillet. Ces gelées tardives brûlèrent les vignes et les blés.

XIe siècle

- L’année 1033, déjà remarquable par ses pluies, se fit remarquer encore par ses grandes vicissitudes. On aurait dit que tous les éléments se livraient la guerre : pendant trois ans de suite, le temps se montra contraire aux semailles comme aux moissons.
- Les pluies et les tempêtes de l’été de 1043, le rendirent semblable à l’hiver. Il y eut très peu de fruits et de pauvres vendanges.
- Au milieu du mois d’avril 1063, il survint quatre jours d’un hiver si âpre avec des vents et des neiges, que la plupart des arbres et des vignes périrent, et que les oiseaux et les troupeaux moururent de froid.

XIIe siècle

- Le 7 mai 1118, une forte gelée détruisit la vigne presque partout, mais particulièrement à Auxerre.
- En 1125, l’hiver eut un froid plus rude que de coutume, accompagné d’une grande quantité de neiges. Bientôt survinrent des alternatives de neiges, de pluies et de gelées jusqu’au mois de mars. Des pluies continuelles détruisirent ensuite toutes les semences.

XIIIe siècle

- Le 5 décembre 1206, des éclairs et des tonnerres accompagnèrent d’abondantes pluies. Ces pluies amenèrent bientôt des inondations excessives.
- Des vents d’ouest impétueux soufflèrent sans discontinuer pendant les mois de mars et d’avril 1219. De longues pluies leur succédèrent vers la fête de la Saint-Jean. A la mi-août, éclatèrent coup sur coup des éclairs et des tonnerres extraordinaires. Le dernier lundi de ce mois, une rude gelée blanche sécha les vignes. A la fin de septembre, il se déclara de cruelles gelées qui durèrent trois semaines, et des neiges copieuses qui séjournèrent pendant plusieurs jours. Des pluies soutenues terminèrent cette année.
- En 1224, il y eut tant de pluies mêlées de vents et de nuages, du mois d’avril au mois d’août, que le froment et les noix périrent sans ressources. Les vendanges à leur tour furent presque réduites à rien par les gelées de l’automne. Il survint ensuite un hiver si rude avec un vent si violent, qu’il renversa dans plusieurs endroits les tours des églises.

XIVe siècle

- Une sécheresse extraordinaire remplit le printemps et l’été de 1306, de grandes inondations la suivirent en hiver. Un froid intense gela bientôt les fleuves avant qu’ils eussent diminué, en sorte que le dégel occasionna beaucoup de désastres.
- Il y eut, en 1330, une très forte gelée au commencement d’octobre, des vents violents presque continuels avec de grandes pluies et des inondations, depuis le commencement de novembre. Les pluies durèrent jusqu’à la fin de mars. Elles furent suivies d’une sécheresse extraordinaire, les vins furent en petite quantité et détestables.
- En 1362, dans la semaine de Pâques, qui se trouva cette année le 17 avril, une gelée très rude tua entièrement les vignes, les noyers et les autres arbres fruitiers en France, à Tours, à Angers, jusque dans la Lorraine et au delà. Ces gelées, l’humidité de l’hiver suivant et des pluies presque continuelles, firent manquer absolument à peu près partout le vin, les noix et les autres fruits. Le vin, les fruits et les blés avaient abondé l’année précédente.
- Après une sécheresse et une chaleur insupportables, prolongées jusqu’au milieu du mois d’août 1384, il survint des pluies excessives qui se prolongèrent jusqu’au mois de mars de l’année suivante.

XVe siècle

- De grandes tempêtes, des orages avec éclairs, tonnerres, des pluies et des vents, régnèrent en divers lieux en 1466, et spécialement dans le Soissonnais, où les vignes furent endommagées.

XVIIIe siècle

- Fodéré a pris acte de l’irrégularité des saisons dans les dix premières années du dix-huitième siècle. Le duc de Saint-Simon avait déjà remarqué la perturbation de nos saisons depuis le grand ouragan de 1701, perturbation caractérisée par des vents violents, des froids insolites et la fréquence des pluies. Ces irrégularités auraient augmenté, selon lui, d’année en année, en sorte qu’il y a longtemps, disait-il vers la première moitié de ce siècle, qu’on n’a plus du tout de printemps, qu’on a peu d’automne, et que l’été se trouve réduit à quelques jours.
- Le célèbre médecin Fouquet constatait aussi, en 1771 l’accroissement sensible depuis quelques années des variations atmosphériques sous le climat de Montpellier. Le long tableau comparatif des jours de chaleur, dressé par J.-D. Cassini, confirme à quelques égards, pour le climat de Paris, l’observation générale du duc de Saint-Simon car il résulte de ce tableau, d’après l’annotation même de Cassini qu’à dater de 1700, les chaleurs sont bien moins fréquentes que vers le commencement de ce siècle et à la fin du siècle précédent. Les observations des membres de la société royale des sciences de Montpellier ne démentent pas non plus, relativement au climat de cette contrée, les faits avancés par Fouquet.
Citons en détail les vicissitudes les mieux connues des années de ce siècle.
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L’année 1780 fut variable et humide.
- Les irrégularités de 1784 et de 1785 se ressemblèrent jusqu’à se confondre. Un froid immodéré et des neiges abondantes caractérisèrent les deux hivers, une sécheresse opiniâtre, commune aux deux printemps, fit périr les fourrages. Les deux étés essuyèrent alternativement des excès de chaleur et de froid, d’humidité et de sécheresse. Des froids prématurés envahirent pareillement les deux automnes. Les deux années varièrent donc effectivement dans la même mesure et dans les mêmes directions.
- Une ressemblance analogue rapproche les vicissitudes de 1789 à 1793. Après le rude hiver de 
1789, on remarqua avec surprise la douceur insolite des hivers de 1790, 1791 et 1792. Il semblait, au dire du P. Cotte, que l’hiver de 1789 avait consommé le froid des trois hivers suivants. Toutefois, les printemps et les étés de ces quatre années n’accréditèrent pas ce système, car un froid souvent très rigoureux y tint constamment la place de la température normale. Les vignes surtout souffrirent de ce renversement général. Elles gelèrent, notamment dans toute la France, la nuit du 30 au 31 mai 1793. L’année 1793 en particulier se fit remarquer par les plus surprenantes vicissitudes. A un printemps froid et pluvieux, succédèrent tout à coup des chaleurs excessives et prolongées. Un hiver très rigoureux remplaça brusquement à son tour les chaleurs violentes de l’été, ce qui produisit à cette époque une disette presque absolue de vin.

XIXe siècle

- Des variations presque continuelles traversèrent aussi les saisons de 1803. Le temps resta très doux pendant le mois de décembre 1802 et les dix premiers jours du mois de janvier 1803. Il se refroidit beaucoup du 11 au 16. Les gelées cessèrent du 17 au 24, le froid reprit du 25 au 31, cessa de nouveau et reprit encore du 4 au 13 février. Il fit extrêmement doux jusqu’au 3 mars. Les gelées recommencèrent avec des neiges abondantes pendant dix autres jours. La température s’éleva après le 14 et se maintint douce ou plutôt chaude pendant le reste du mois. En avril et en mai, il souffla un vent aigre très sec et très froid. On vit même des gelées à glace le 30 avril, les 14, 15 et 18 mai. Des pluies froides suivirent ce froid sec, du 20 mai au 3 juin, excepté le 28 et le 29, où l’air se radoucit tout à coup pour se refroidir aussitôt après jusqu’au 8 juin. Du 8 au 20 juin, la chaleur se montra assez vive, mais le 21, le froid et le vent aigre revinrent. Il y eut encore une gelée blanche le 21. C’est le 28 de ce mois qu’éclatèrent brusquement les chaleurs sèches de cette année. Elles durèrent, comme nous l’avons établi, 76 à 94 jours de suite, sauf quelques courtes interruptions, le 5 juillet, le 1er août et les premiers jours d’octobre. Des gelées précoces les remplacèrent le 1er novembre. A ces gelées momentanées, succédèrent des vents impétueux du sud-ouest, un temps doux et pluvieux, avec des alternatives d’une température douce et froide à la fin de l’année.
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Les vicissitudes de 1832, année de l’invasion du choléra en France, méritent de nous arrêter. Un froid fort modéré marqua, contre l’ordinaire, les deux mois de janvier et de février. Le jour le plus froid n’indiqua pas, à Paris, au-dessous de -3°5, et le thermomètre monta au jour le plus chaud jusqu’à 12°2. La température varia journellement et souvent d’heure en heure entre ces deux extrêmes, sous l’influence d’un ciel alternativement clair et couvert, de vents tantôt violents et tantôt faibles, et d’une humidité presque permanente, déterminée à la fois par des dégels réitérés, par des pluies fréquentes et par des brouillards épais. Les perturbations atmosphériques s’interrompirent le 13 ou le 14 février, pour nous procurer plusieurs jours d’un temps doux et très beau au milieu de la journée, mais froid et chargé de brouillards le matin et le soir. Un vent froid et impétueux termina brusquement cette agréable période. Toutefois, les alternatives de froid et de chaud, de calmes et de tempêtes, de soleil et de pluie reprirent depuis le 29, entremêlées de neiges, de grêles et de brouillards. Ces bourrasques redoublèrent vers l’équinoxe et se prolongèrent d’ailleurs jusqu’au 26 ou 27 mars. Alors survint une nouvelle période de calme accompagnée d’un ciel clair, d’un soleil radieux et d’une chaleur de mois de juin. Une sécheresse insolite remplaça l’humidité dominante des mois antérieurs. Le temps se troubla de nouveau le 5 ou le 6 avril. L’accroissement de la température n’en rétablit pas l’équilibre. Des orages réitérés firent à peu près les frais de la constitution de l’été, apportant, comme de coutume, un calme profond avec une chaleur ardente avant d’éclater, des coups de vent avec des averses bruyantes pendant l’explosion même, un froid pénétrant avec une humidité exubérante après leur effet. Malgré ces orages, les vicissitudes de l’été inclinèrent plutôt vers la chaleur et la sécheresse que vers le froid et l’humidité. Le désordre des éléments survécut à la saison chaude. En automne, le froid et la chaleur, l’humidité et la sécheresse, les tempêtes et les calmes alternèrent et se confondirent encore sans relâche, seulement le fond de l’air devint froid. Il y eut de nombreux brouillards, quelques neiges et beaucoup de pluies, ce qui fit pencher les vicissitudes automnales plutôt vers l’humidité et le froid que vers la sécheresse et la chaleur.
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Des variations plus longues et plus profondes bouleversèrent les saisons de 1841. L’hiver fut très précoce et se composa, surtout dans le nord, d’alternatives d’un froid extraordinaire et de dégels complets. Une chaleur précoce se déclara le mois de mars. Le thermomètre monta à Paris à 13°, 18°, 20° et 22°. Un soleil resplendissant éclaira, presque sans interruption, cette haute température. La végétation surexcitée se réveilla avec ativité. Les arbres fleurirent dans la première quinzaine du mois, et la plupart étaient déjà couverts de feuilles le 30. Cette chaleur, ce soleil et cette verdure appartenaient, à vrai dire, aux plus beaux jours du mois de mai. Des bourrasques et quelques pluies froides ternirent en avril l’éclat du ciel, mais, dès le 26, le beau temps reprit, et la température s’éleva à 8°, 10°, 15° puis 19°. Le mois de mai et les sept ou huit premiers jours du mois de juin furent génératement très beaux, très secs, et surtout très chauds. Le thermomètre, au milieu du jour, dépassa presque constamment 20°. Il atteignit souvent 26° et 27°. Il monta même, le 25 mai à 31°1, le 27 à 33°7 et le 26 à 33°8. C’était à Paris, comme en province, la chaleur extrême du mois de juillet. Une constitution peut-être plus étrange remplaça brusquement cette singulière constitution. L’air se refroidit, le vent souffla par rafales, poussant devant lui de gros nuages sombres d’où s’échappaient plusieurs fois dans la journée des torrents de pluie froide. Ce temps de bourrasques commença le 7 juin, il continua opiniâtrement jusqu’au 18 août. Peu de jours s’écoulèrent sans pluie. Ce n’était du matin au soir que des alternatives de chaleur et de froid, de calmes et de tempêtes, d’averses et d’éclaircies. Si le soleil étincelait tout un jour, ce qui arrivait rarement, sa chaleur lourde et accablante présageait à coup sûr un orage ou un ouragan. Le froid, les bourrasques et les pluies assimilèrent cet été aux plus tristes jours de l’automne. On se chauffa plusieurs fois dans le mois de juin, de juillet et d’août. Les produits de la terre, si avancés au mois de mars et de mai, se trouvèrent en retard dès les premiers jours de juillet. La plupart, notamment les grains, les fruits et les raisins, dépérirent même par la suite ou ne mûrirent point, faute de chaleur, de sécheresse et de soleil. 

Les grandes pluies et inondations en France (3)

 

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grandes pluies dans les contrées du Midi

XIe siècle

- L’année 1010 essuya des pluies extraordinaires.

XIIe siècle

- Des pluies presque incessantes pendant deux mois en 1196, décidèrent une inondation terrible du Rhône et de la Saône.

XIVe siècle

- Il y eut de très grandes inondations au mois de septembre 1331, en Aragon et en Provence.
- Après d’abondantes pluies, le Rhône et la Durance sortirent de leur lit au mois de novembre 1358 et répandirent leurs eaux, fort loin dans la campagne.
- On cite encore les pluies ou l’humidité des années 1374 et 1390.

XVe siècle

- Grandes pluies en 1440 et 1456.
- L’hiver de 1495 produisit aussi beaucoup de pluies, et l’été suivant de nombreux orages.

XVIe siècle

- Les années 1510, 1518 et 1529 ne furent pas moins humides et pluvieuses.
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En 1544, le Rhône déborda le 11 novembre, renversa 390 mètres des remparts d’Avignon et couvrit toute la plaine durant huit jours.
- Les pluies de 1566 furent orageuses.
- En 1578 et 1579, les eaux du Rhône débordé séjournèrent dans les champs depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de février.
- Des orages et des inondations marquèrent également les années 1580 et 1581.
- En 1583, le Rhône renverse les remparts d’Arles et inonde la Camargue.

XVIIe siècle

- La Camargue fut encore couverte par le Rhône en 1674.

XVIIIe siècle

- Les pluies de 1745 causèrent de grandes inondations : il en tomba 1840 millimètres à Nîmes, 844 millimètres à Toulon, et 830 millimètres à Bordeaux.
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Les pluies de 1766 font époque dans le Midi. On les observa durant l’automne sur une grande partie de ces contrées. Elles ravagèrent Albi, Montauban, Sète, Montpellier, la Provence et le Roussillon. Ces pluies orageuses éclatèrent au mois d’octobre. A Montpellier, il plut le 13 pendant huit heures consécutives. Dès lors, toutes ses rivières débordèrent et submergèrent les champs, les vignes et des troupeaux entiers. Ces premières pluies ne furent encore que très légères auprès des pluies du mois de novembre. Une tempête furieuse en donna le signal le 14, vers dix heures du soir. Elles se soutinrent avec violence toute la journée du lendemain et continuèrent jusqu’au 22 presque sans interruption. Les académiciens de Montpellier en estimèrent la quantité : la seule journée du 14 octobre parait en avoir fourni au moins 392 millimètres, et la période entre le 14 et le 17 octobre, 541 millimètres !
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Une humidité excessive se joignit aux chaleurs des années 1771 et 1773.
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Des pluies copieuses tombèrent encore dans le Midi en 1783. A Montpellier, l’hiver, qui avait été très humide, fut suivi d’un été extrêmement pluvieux, obscurci d’ailleurs par les vapeurs si connues de cette année. Les pluies dont il s’agit excédèrent les pluies moyennes de l’été, de 97 millimètres. Le nombre total des jours de pluie en produisit 24 de plus que le chiffre moyen de l’année. La Provence nagea comme le Languedoc, dans une grande humidité. Enfin, le 15 janvier, une crue de la Saône à Lyon emporta le pont en pierre de la chaussée de Perrache.
- L’année 1792 eut à la fois des pluies excessives, des brouillards froids et infects, des orages et des gelées tardives ou anticipées.

XIXe siècle

- De longues pluies régnèrent en 1806 dans le Languedoc et la Provence.
- Les pluies de 1814 se montrèrent en Roussillon, à Toulouse, à Marseille, à Joyeuse et à Viviers.
- Les pluies et les jours pluvieux ne s’accrurent pas moins en 1819.
- En 1827, la somme des pluies s’éleva également au dessus de la moyenne d’une centaine de millimètres à Marseille et d’environ 150 millimètres à Tarbes.
- Les grandes pluies de 1834 tombèrent au printemps, en été et en automne. Elles provoquèrent le débordement de presque toutes les rivières du Midi, notamment du Rhône et de la Gironde. 

Les grandes pluies et inondations en France (2)

 

D’après des extraits de la monographie imprimée
« Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

Grandes pluies dans les contrées du Nord

IVe siècle

- En 354, les pluies du printemps, plus fréquentes que de coutume, avaient enflé les torrents.

VIe siècle

Grandes inondations en 586.

VIIe siècle

Grandes inondations en 607.

VIIIe siècle

- Grandes inondations en 712.
- Une grande disette suivit les pluies continues de l’année 757.

IXe siècle

-L’abondance des pluies de 821 empêcha les semailles de l’automne.
- Il y eut une si grande quantité de pluies en 838, qu’on dut craindre la ruine entière des récoltes.
- Au mois de mai 846, Auxerre éprouva une telle inondation, que l’Yonne, prodigieusement enflée, pénétra dans les maisons et entraîna les tonneaux des caves. La violence de ses eaux enleva une vigne tout entière, et la transporta sur la rive opposée sans en diviser les terres. Les Annales de Saint Bertin, qui rapportent ce fait, en mentionnent un autre tout semblable observé ailleurs douze ans après.
- L’automne de 849 eut des pluies excessives.
- Des pluies excessives tombèrent aussi en 867.
- En 886, il plut nuit et jour presque sans interruption pendant les mois de mars, juin et juillet aux environs de Mayence, ce qui amena des inondations effrayantes de la part du Rhin et d’autres fleuves.

Xe siècle

- Tout l’été de 944 fut pluvieux.
- Des inondations réitérées précédèrent le grand été de 988.
- Des pluies continuelles remplacèrent les neiges et la sécheresse du printemps de 989. Elles empêchèrent les semailles de l’automne.

XIe siècle

- En 1012, il y eut des pluies diluviales. Les eaux du Danube et du Rhin occasionnèrent d’immenses ravages.
- L’été de 1042 a été très pluvieux.
- L’année 1043 essuya encore de grandes pluies, tout l’été fut pluvieux comme l’hiver.
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Toute l’année 1051 fut très pluvieuse.
- 1057 eut une grande quantité de neiges et de pluies.
- Des inondations régnèrent en 1068.
- Les grandes inondations de 1097 ne permirent pas de semer en automne.

XIIe siècle

- La surabondance des pluies retarda la moisson de 1144 jusqu’au 25 août.
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L’excès des pluies tombées de la Saint-Jean au milieu d’août 1151 enraya la maturité des récoltes, et occasionna d’immenses ravages.
- Les pluies de l’été 1175 empêchèrent la moisson du mois d’août et la vendange en automne. Il y eut des débordements désastreux de plusieurs fleuves, et en particulier de la Seine, vers la Noël.

XIIIe siècle

- En 1204, tout le pays d’Auge et tout le voisinage de Caen furent presque submergés.

XVIe siècle

- L’hiver de 1596 fut très pluvieux. La Marne couvrit un tiers de la ville de Lagny.

XVIIe siècle

- Mentionnons simplement les pluies et les inondations de l’année 1602.
- En 1649, des pluies continuelles grossirent beaucoup la Seine à Paris. Ses eaux ébranlèrent le petit pont Saint-Michel. De mémoire d’homme, suivant un vieux bourgeois, on ne les avait vues monter si haut à la place de Grève et dans les rues adjacentes. Elles submergèrent même le cimetière Saint-Jean.
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Inondations encore en 1692.

XVIIIe siècle

- Les pluies de 1734 firent déborder la Marne, la Meuse et la Moselle au commencement du mois de juillet. Il tomba de nouveau beaucoup de pluies à la fin de décembre.
- L’année 1751 fournit à Paris 627 millimètres d’eau au lieu de 530. Elle fut encore plus humide que ne l’indique la somme des pluies.
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En 1774, Messier recueillit 149 millimètres d’eau, et compta seize jours pluvieux au-dessus des chiffres moyens. Duhamel nota aussi, cette année, à Denainvilliers, un excédant de 160 millimètres de pluie et de huit jours pluvieux, et le P. Cotte, à Montmorency, un excédant de neuf jours pluvieux et de 81 millimètres de pluies.
- La proportion des pluies s’éleva beaucoup encore en 1782 sous ces latitudes. A Metz et à Montmorency, elle surpassa la quantité moyenne d’environ 54 millimètres. Metz offrit en outre douze jours pluvieux, et Montmorency trente-deux de ces jours de plus que le chiffre moyen de l’année.

XIXe siècle

- Des pluies presque continuelles, une atmosphère pluvieuse, le froid et les vicissitudes se partagèrent dans le Nord l’année 1816. L’humidité et le froid retardèrent les récoltes et en altérèrent les produits. Il plut au printemps, surtout en été, ensuite en automne. Les pluies empêchèrent la moisson dans beaucoup de départements septentrionaux. Paris compta pour sa part cent soixante-sept jours pluvieux et 546 millimètres de pluie. Le seul mois de juillet donna vingt-six jours pluvieux. La Seine sortit de son lit et monta le 22 décembre à 5,48 mètres au-dessus des basses eaux de 1719. L’humidité de 1816 se remarqua pareillement dans plusieurs localités du Midi, notamment à Toulouse, à Joyeuse, à Viviers, mais elle fut ici incomparablement moins forte et moins générale.
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De longues pluies régnèrent également dans le Nord en 1824 et en 1828. Nous les voyons mentionnées à Strasbourg, à Paris, à Rouen et à Metz. Elles ne s’étendirent point au Midi.
- Enfin, les contrées du nord essuyèrent dernièrement pendant l’année 1839, un excès d’humidité et de fréquentes pluies. A Paris, un hiver très mou précéda un printemps froid et pluvieux, rempli d’orages suivis d’averses. Les orages et les pluies continuèrent pendant l’été. L’automne, de son côté, se maintint humide et pluvieux. C’est au mois de juin qu’il tomba le plus d’eau, on en mesura 107 millimètres. Toutefois les pluies recueillies à Paris en 1839 égalèrent seulement 483 millimètres, quantité inférieure à la somme moyenne de l’année. Mais nous avons déjà vu que par des raisons faciles à trouver, l’humidité de l’air et les rapports de l’udométre peuvent manquer de s’accorder.